réflexion

Modérateur: gonzo13sam

réflexion

Messagepar jmequipe » Mer Juin 04, 2014 9:27 pm

Salut tous,

Je vous livre une réflexion ( que je partage ) d'un torréfacteur d'outre atlantique sur les
petits lots, "micro lots " de café, leurs qualité et sur le business qui peut en découler !
A ++++ et bons cafés.

Micro lots, gage de qualité

Il y a de cela quelques temps, nous avons vu apparaître une dénomination différente des cafés offerts par les torréfacteurs, en y intégrant le nom du pays, de la région et de la ferme. Cette nouvelle dénomination, utilisée correctement, permet aux torréfacteurs de démontrer une sélection plus rigoureuse de leurs grains verts et d’ avoir un contact plus intime avec les producteurs.

Colombia "Dos Payasos de Tolima"

Colombia Tolima - Familia Gutierrez

Rwanda Nyamasheke Karengera

Ce changement est intéressant et permet d’expliquer aux consommateurs la notion de terroir et l’impact sur la tasse. Et, de mon coté, j’achète occasionnellement des lots de cafés spécifiques en donnant le plus d’informations possibles sur la provenance du café, le niveau de torréfaction choisi et le profil gustatif. Et en y incluant certains détails dans le nom.

Toutefois ce changement a un petit coté pervers et je crois que l’impression des consommateurs a dérapé un peu. J’aimerais donc en profiter pour vous partager certaines idées fausses qui peuvent être encouragées par le marketing de certains.

La bougie d’allumage de ce texte est un article paru sur le site de Coffee Review, par Kenneth Davids que je vous invite à lire à l’adresse suivante : http://www.coffeereview.com/article.cfm?ID=194 . M. Davids aborde le concept de « green coffee branding » et de sa déception face à certains cafés avec des « microlot-ish names on their packaging but ranging in the cup from ordinary to flat-out tainted. » Bref, on peut y lire que ce n’est pas parce que le café possède un nom complexe avec la mention de micro-lot que ce sera un café exceptionnel. Cette tendance, d’offrir de petits lots de café identifiés à son pays, sa région et son producteur est extraordinaire et contribue à la reconnaissance du travail des producteurs, à l’augmentation globale de la qualité du café produit (L’orgueil de gagner un cup of excellence et d’être reconnu) et à la possibilité des producteurs de travailler leur branding et d’exiger un prix plus élevé (on comprendra que le commerce équitable y perde des plumes). Mais voilà que selon les évaluations d’une trentaine de cafés provenant de la Colombie par l’équipe de Coffee Review, plusieurs, ont scoré en bas de 80… Selon M. Davids, les torréfacteurs qui ont envoyé des lots qui ont obtenu moins de 80 avaient tous l’impression d’avoir soumis des cafés hors du commun, issus d’un terroir unique. Toujours selon M. Davids, il avance avoir goûté par le passé à des lots de café générique, exporté par de grands distributeurs et respectant les grades du pays exportateur, Colombie Excelso dans son exemple, et qui étaient de beaucoup supérieurs à certains lots soumis. Je vous laisse lire l’article par vous-même.

Donc, ce n’est pas parce que le nom est compliqué que le café est de qualité. Un café identifié par : « Carleton entre el mar y la montaña por la familia Marqués » n’est pas un gage de qualité et surtout n’est pas d’office un café à 150$ /kg. La majorité des pays producteurs prennent très au sérieux leur système de classification de leur café exporté et les cafés « AA » du Kenya, « Excelso » de Colombie, « screen 18 » brésil, « Grade 1 » Sumatra, « grade 4 » Harrar, etc. Bref, mon point est qu’un certain snobisme s’est installé dans l’utilisation du nom du café. Certains terroirs peuvent donner lieu à une tasse excellente mais fiez-vous à votre palais. Un classique café D’Éthiopie Harrar gr.4 est très bon s’il est torréfié correctement.

Je dirais également que ce n’est pas parce que tu torréfies du « Carleton entre el mar y la montaña por la familia Marqués » que tu connais personnellement la famille Marquès et que tu participes à l’amélioration de leur café. Tu peux aller faire le touriste dans des plantations de café, prendre des photos, essayer de comprendre le travail agricole du café mais de là à dire que tu leur enseignes quoi que ce soit… Un peu d’humilité les boyz! Peu de gens dans le milieu ont les réelles connaissances et expériences pour aller dire à des Africains ou des sud-américains comment faire leur job. Quand je vois de petits torréfacteurs se péter les bretelles avec ça, ça me donne des boutons. Le travail de la terre, pour arriver à un grain de café de qualité est 10 000 x plus complexe que de torréfier. La plupart des producteurs que je connais sont hyper organisés avec des agronomes diplômés, des laboratoires, des stations de lavage et de triage communes. J’ai de la misère à visualiser le gars qui a une petite Brûlerie au Canada, avec 4-5 employés, donner une leçon à qui que ce soit.

Également, ce n’est pas parce que tu torréfies du « Carleton entre el mar y la montaña por la familia Marqués » que tu achètes et importes directement de la famille Marquès. Importer du café vert coûte cher. Pas le café en soi, mais le transport et le volume minimum. Un container contient environ 400 sacs de 70kg, en bas de ça, ça va te coûter un bras, même les deux et j’ajouterais les jambes. Donc, les moyens financiers pour l’importation sont considérables. De plus, aucune institution financière ne va financer de l’inventaire de ce type. Pour importer, on a donc besoin de partenaires qui vont importer le café et l’entreposer pour nous. Le métier d’importateur de café vert est essentiel et on ne peut passer à coté. Encore ici, peu d’entreprises peuvent se targuer d’importer leur café.

L’utilisation de la provenance du café est une avancée pour le consommateur en lui donnant une indication supplémentaire sur l’origine du grain. Mais méfions-nous du marketing qui essaie peut-être de nous amener ailleurs. Ce qui compte, simplement, c’est ce que goûte le café qui sera dans votre tasse, peu importe le nom, la couleur du sac, ou la marque utilisée par le torréfacteur.
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Re: réflexion

Messagepar H@R » Mer Juin 04, 2014 10:10 pm

Merci pour ces éléments avec lesquels je suis d'accord.
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Re: réflexion

Messagepar andrea » Mer Juin 04, 2014 10:22 pm

Hello
Il me laisse un couac pour l'objectivité de l'exposé car à aucun moment il n'a pas pris en compte que un(s) micro lot ou ferme ou terroir peut être exceptionnel. Au même titre qu'un importateur,torréfacteur, markéteur peut être aussi exceptionnel et très pro.
Il a des éléments avec "des vieux importateurs" oui c'est les mêmes pour 5 centimes au kilo du vert, qui nous ont fait boire des sauces infâme durant des années et payer des gens une poignée de figue.
Il y auras des brebis galeuses comme dans tout les domaines, mais perso si les personnes peuvent être
mieux rémunérés a l'autre bout du monde je vote pour 8)
bye
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Re: réflexion

Messagepar Romain » Jeu Juin 05, 2014 10:41 am

Je rapprocherais aussi ca du vin

Il y a les grands et les petits. Les bonnes affaires sont chez les petits, mais les mauvaises aussi.

Maintenant si tu connais le petit que tu sais qu'il bosse bien alors tu n auras pas trop de surprise, mais ca demande plus d investissement en temps et donc de passion que d aller voir le gros...

Quant au snobisme et au café, il ne faut pas trop le rejeter. Nous sommes bien trop peu a s intéresser vraiment au gout du café pour ne pas accepter l argent des "snobs" qui permettent justement d importer des containers entiers au lieu de quelques kilos ...

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Re: réflexion

Messagepar kobus » Jeu Juin 05, 2014 12:02 pm

Je suis content qu'on aborde ce sujet.

Sans parler micro-lot, il est possible de connaître le producteur d'un sac en convertissant le code indiqué dessus, si j'ai bien compris. Il est donc toujours possible d'indiquer cette information.

Un jour viendra, LE café se démocratisera!
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Re: réflexion

Messagepar Romain » Jeu Juin 05, 2014 2:23 pm

Ha ca je ne savais pas !!

les sacs ne sont pas mélangé ? c est un sac de producteur pas un truc tout tripatouillé ?

Et beh, comme tu dis si c est le cas, c est superbe de suivi !

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Re: réflexion

Messagepar kobus » Jeu Juin 05, 2014 10:04 pm

Ce que j'ai compris, c'est que le sac est fermé à la ferme productrice (ou la coopérative peut-être?), et ouvert par le torréfacteur.
Le code sur le sac, exemple ici sur un guatemala:
Image

Et le code "11 1949 17" pour la ferme associée.
Mais je peux me tromper.
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Re: réflexion

Messagepar kobus » Ven Juin 06, 2014 5:57 pm

pas la ferme mais le lot en fait, provenant d'une coopérative, donc c'est plus précis que ça.
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